Le collectif 07 STOP AUX GAZ DE SCHISTE affirme son refus de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures de roche-mère et autres hydrocarbures dits non-conventionnels (gaz et pétrole de schiste, huiles lourdes, gaz de réservoir compact, gaz de couche, sables bitumineux ...) et de tous hydrocarbures dont l’extraction nécessite l’utilisation de techniques, quel que soit leur nom, nécessitant de fracturer, stimuler, acidifier ou encore de fissurer la roche et ayant pour conséquence de porter atteinte à son intégrité.

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Gaz et huiles de schiste au Wyoming : des produits chimiques toxiques ingérés pa la population

dimanche 10 juillet 2016

DES PRODUITS CHIMIQUES TOXIQUES TROUVÉS DANS LE CORPS DE GENS HABITANT À PROXIMITÉ DES OPÉRATIONS D’EXTRACTION DE GAZ ET DE PÉTROLE À PAVILLION DANS LE WYOMING

Jeudi, une coalition de groupes agissant pour défendre la santé humaine et environnementale a publié ( les résultats de ) recherches complètement nouvelles, associant des méthodes de monitoring atmosphériques à de nouvelles techniques de biomonitoring pour déterminer si l’on pouvait détecter dans le corps des riverains des émissions atmosphériques toxiques issues d’opérations d’extraction de gaz naturel.

Lors de l’étude, intitulée When the Wind Blows : Tracking Toxic Chemicals in Gas Fields and >Impacted Communities, ( Quand il fait du vent : Sur la piste de produits chimiques toxiques dans les gisements gaziers et les communautés impactées ), on a détecté dans les urines de participants à l’étude, des traces de huit produits chimiques dangereux émis par l’infrastructure du gaz à Pavillion dans le Wyoming. Beaucoup de ces produits chimiques étaient présents dans le corps des participants à des concentrations qui dépassent de loin les concentrations moyennes dans le grand public aux USA.

Deb Thomas, Directeur de Shale Test, qui habite le Wyoming et a été l’un des directeurs de l’étude, a déclaré : « Si votre eau potable est contaminée par des produits chimiques toxiques, vous pouvez éventuellement vous débrouiller avec une autre source, mais si l’air que vous respirez est toxique, vous ne pouvez pas choisir de respirer ailleurs. Quelle que soit la direction du vent, l’extraction du gaz implique tellement de sources d’émissions que les gens ne peuvent éviter d’être exposés à des produits chimiques toxiques issus des opérations. Malheureusement, c’est ce à quoi doivent s’attendre tous ceux qui vivent avec des forages pour le gaz ou le pétrole si ces forages donnent lieu à une production. »

Des experts scientifiques, avec des citoyens de Pavillion, ont utilisé un ensemble de différentes méthodes de monitoring atmosphérique et de biomonitoring pour comprendre si des émissions atmosphériques issues des installations pour l’extraction du gaz sont absorbées par le corps des riverains. Ils ont ensuite utilisé de nouvelles méthodes de biomonitoring qui ont été développées pour détecter la signature de produits chimiques dangereux chez les participants à l’étude par le biais des métabolites ou des produits de « dégradation « (« break-down » products ) et d’autres preuves d’exposition à des produits chimiques toxiques.

John Fenton, fermier et habitant de Pavillion, a déclaré : « Dans notre famille, nous avons eu des odeurs fantômes, des éruptions cutanées, la perte de cheveux, des problèmes respiratoires, des problèmes neurologiques, des crises d’épilepsie, des cancers et d’énormes impacts sur notre façon de réfléchir et de raisonner. Ces symptômes correspondent aux effets connus des produits chimiques toxiques émis dans l’air que nous respirons par les opérations d’extraction du gaz. Ce projet de biomonitoring a été l’occasion de découvrir si les produits chimiques dont nous savons qu’ils sont présents dans l’air sont également présents dans notre corps. »

Les chercheurs ont trouvé des composés organiques volatils ( COV) dans l’air émis par les opérations d’extraction du gaz à Pavillion et dans l’air qui entoure les gens qui travaillent et qui habitent dans la localité. Plus tard, des chercheurs ont trouvé des traces de ces mêmes produits chimiques dans le corps des gens qui participaient à l’étude. Les chercheurs se sont concentrés sur les COV et une famille spécifique de COV appelés produits chimiques BTEX ( benzène, toluène, éthylbenzène et xylènes ), parce que l’on sait que ces produits chimiques sont dangereux pour la santé humaine, même à des niveaux faibles.

Des COV détectés lors de cette étude sont liés à des maladies chroniques telles que des cancers, des dysfonctionnements de la reproduction et du développement ; ainsi qu’à des problèmes respiratoires, des maux de tête, des saignements de nez et des éruptions cutanées.. Les directeurs de l’étude notent que, parce que les COV se trouvent quasiment partout dans les produits et dans nos habitations, il est possible que les COV détectés dans le corps des participants soient venus de sources multiples. Ayant développé ces méthodes nouvelles pour l’air et le biomonitoring de ces produits chimiques toxiques, les chercheurs espèrent améliorer ces méthodes pour mieux comprendre comment ces produits chimiques se déplacent dans l’environnement.

Dans When the Wind Blows on détaille ces résultats spécifiques :

Dans les échantillons d’air prélevés à proximité de Pavillion ; on a trouvé des produits chimiques toxiques, y compris des produits chimiques BTEX, qui correspondent à ceux associés à l’extraction du pétrole et du gaz et l’infrastructure associée.. Ce résultat est en accord avec des résultats de monitorings atmosphériques antérieurs de la région de Pavillion et d’autres sites d’extraction du pétrole et du gaz aux USA.

- Lors de l’analyse d’échantillons d’urines ( biomonitoring ), on a trouvé des produits de dégradation dangereux et des traces ( métabolites ) de produits chimiques BTEX et autres COV liés à l’extraction du pétrole et du gaz dans le corps des participants à l’étude qui habitaient Pavillion.

- On a détecté, à la fois dans l’air près de Pavillion et dans le corps de participants au projet huit produits chimiques liés à des maladies chroniques telles que le cancer ou d’autres maladies, y compris des dysfonctionnements au niveau de la reproduction ou du développement et des problèmes de santé tels que des difficultés respiratoires, des maux de tête, des saignements de nez, des éruptions cutanées et la dépression.

- Les résultats du monitoring de l’atmosphère et du corps humain à la fois indiquent que des communautés vivant ou travaillant à proximité d’opérations d’extraction du gaz peuvent être exposées de façon intermittente à des mélanges complexes de substances chimiques associées à l’extraction du pétrole et du gaz. Il existe peu d’informations concernant la façon dont les COV mélangés agissent les uns avec les autres et dans le corps humain, mais des recherches scientifiques indiquent que, dans certains cas, les COV pourraient agir les uns avec les autres ( ou se combiner avec d’autres facteurs ) d’une manière qui augmente les dangers chez les êtres humains. Les niveaux de certains COV dangereux dans l’air, à la fois près des sites d’extraction du gaz et dans l’air respiré par les participants à l’étude dépassaient au moins un des Environmental Screening Level (ESL), qui sont des seuils de concentration atmosphériques qui sont fixés par les agences sanitaires publiques et les régulateurs environnementaux. Au-delà de ces seuils, il y a risque pour la santé humaine.

- Des produits dangereux issus de la dégradation des COV étaient présents dans les urines de participants à l’étude à des niveaux beaucoup plus élevés que ceux trouvés habituellement chez les gens, avec un exemple dix fois plus élevé.

La grande dangerosité des produits chimiques émis dans l’air et les conclusions indiquant que les niveaux de certains des métabolites des COV dans les urines des personnes étudiées sont bien plus élevés que les niveaux que l’on trouve généralement chez les gens envoient un signal sans ambiguïté qu’il faut procéder à d’autres mesures pour empêcher les expositions.

Wilma Subra, biochimiste primée, l’une des scientifiques impliqués dans le projet, a déclaré : » Il est scandaleux que les habitants de Pavillion ne savent pas s’il y a des produits chimiques toxiques dans l’air ou dans leur corps, surtout quand l’extraction du gaz s’effectue ici depuis des décennies. Il est possible que nous découvrions et que nous prouvions seulement aujourd’hui qu’ils sont exposés à des produits chimiques toxiques dans l’air depuis trente ans. Il faut espérer que les méthodes que nous avons développées au cours de cette étude les aideront à obtenir de meilleures protections de la part des agences gouvernementales responsables de la santé publique – et aideront d’autres communautés aux USA à obtenir les protections auxquelles elles ont droit. »

Le rapport contient également des évaluations de dangerosité effectuées par Clean Production Action sur beaucoup de produits chimiques toxiques détectés dans l’air ou le corps de gens habitant Pavillion. L’analyse GreenScreen for Safer chemicals présentée dans le rapport est un outil mondialement reconnu, conçu pour présenter de façon succincte les connaissances scientifiques sur les dangers associés à des produits chimiques spécifiques, ainsi que les lacunes dans les données, là où des recherches sur les dangers n’ont pas été effectuées. L’analyse GreenScreen montre que beaucoup des produits chimiques détectés dans l’air autour de Pavillion et dans le corps des participants à l’étude sont extrêmement dangereux et devraient être évités – bien que, depuis des décennies, les habitants de Pavillion ne puissent pas éviter ces expositions qui continuent encore.
En se basant sur les conclusions de ce rapport et sur les nouvelles méthodes développées pour comprendre les impacts sanitaires qui résultent des émissions atmosphériques des opérations pour l’extraction du gaz, les auteurs de ce rapport et des groupes affiliés font les recommandations suivantes :
Il est nécessaire de faire d’autres contrôles de biomonitoring pour permettre de comprendre et d’empêcher l’exposition aux produits chimiques toxiques.

On a besoin de faire encore des recherches sur les impacts délétères de l’exposition accumulée à de multiples produits chimiques – et sur les effets de perturbation endocrinienne de ceux-ci.

Mettre en œuvre la régulation de précaution et faire en sorte qu’une information transparente soit divulguée au public. Il semble que la régulation actuelle ne protège pas les communautés habitant à proximité des opérations d’extraction du gaz et les agences de régulation disposent déjà de suffisamment de données sur les émissions pour justifier une action rapide pour protéger la santé publique et l’environnement.

Promouvoir des sources d’énergie propres et renouvelables et cesser de promouvoir le gaz naturel en le qualifiant de « propre » et de « sans danger ». Les données et les évaluations de dangerosité présentées dans ce rapport montrent des émissions de COV , qui semblent être inévitables dans l’extraction du gaz naturel. Cela indique que l’extraction ne peut être effectuée d’une manière qui protège véritablement les travailleurs, et le public . Pour protéger vraiment les travailleurs, les habitants et le public de ces dangers toxiques, il faut un changement complet de notre système énergétique – vers une énergie propre comme le solaire et les éoliennes.

Assurer un contrôle en continu ,des évaluations sanitaires et une remise en conformité des sites pour protéger des gens déjà impactés par l’extraction du pétrole et du gaz.

Source : Ecowatch, le 16 juin, 2016-06-22
L’article en anglais
Title : Toxic Chemicals Found in Residents Living Near Oil and Gas Operations in Pavillion, Wyoming
Traduction : Maureen Johnson

 

 

 

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