Le collectif 07 STOP AU GAZ DE SCHISTE affirme son refus de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures de roche-mère et autres hydrocarbures dits non-conventionnels (gaz et pétrole de schiste, huiles lourdes, gaz de réservoir compact, gaz de couche, sables bitumineux ...) et de tous hydrocarbures dont l’extraction nécessite l’utilisation de techniques, quel que soit leur nom, nécessitant de fracturer, stimuler, acidifier ou encore de fissurer la roche et ayant pour conséquence de porter atteinte à son intégrité. Il s’oppose à l’aberration économique, sanitaire, environnementale et climatique aux conséquences désastreuses que constituent ces projets pour les départements impactés. Il promeut une transition énergétique, écologique et solidaire.

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Faut-il exploiter les gaz de schiste en France ?

mardi 16 avril 2013

Le premier point sur lequel je voudrais insister, c’est celui du réchauffement climatique.
Une étude du Postdam Institute for Climate Impact Research, démontre qu’il ne faudrait pas émettre plus de 565 gigatonnes de CO2 ou équivalents CO2 d’ici à 2050 pour ne pas dépasser la barre fatidique des 2°C de réchauffement climatique global d’ici la fin du siècle. La combustion de toutes les réserves prouvées de pétrole, charbon et gaz de la planète engendrerait 2795 gigatonnes de CO2, soit cinq fois plus ! Si l’on veut respecter les préconisations des scientifiques, ce sont donc 80% de ces réserves qui ne doivent pas être extraites et consommées.
Il n’est donc pas utile d’aller chercher de nouvelles réserves d’énergies fossiles. Laissons-les aux générations futures qui en auront besoin.

Mais quels sont les arguments des pétroliers ?
Ces réserves (estimées et non prouvées) de gaz de schiste sont une mâne financière extraordinaire. Qu’en est-il ?
Aux Etats Unis où l’on exploite ces hydrocarbures depuis plus de 10 ans, la bulle gazière a déjà produit ses premiers effets. Des compagnies comme BG Groupe ou la Royale Dutch Shell sont obligées de déprécier leurs actifs à hauteur de plus d’1 milliard de dollars. Chesapeake Energy, un des pionniers de l’exploitation des gaz de schiste, a dû vendre récemment pour 6,9 milliards de dollars de ses actifs pour faire face à sa dette pendant que le PDG de Exxon Mobil, Rex Tillerson, déclarait devant les membres du think tank Council on Foreign Relation “on est tous en train d’y laisser notre chemise. On ne gagne plus d’argent. Tout est dans le rouge.”
Dans un article du Financial Times, l’analyste John Dizard déclare que pour financer cette ruée vers le gaz, les compagnies ont dû emprunter des sommes astronomiques et il n’est pas exclu, selon lui, que plusieurs grosses compagnies pétrolières se retrouvent confrontées simultanément à une débâcle financière, ce que confirme le site américain de conseil en investissement, Ressources Investissor, pour qui il ne faut plus investir dans les compagnies qui exploitent les gaz de schiste.

On nous dit aussi que les gaz de schiste repousseraient le pic pétrolier de 50, voir 100 ans alors que de nombreux rapports scientifiques récents concluent que les gaz de schiste n’éloigneront pas la date fatidique de ce pic pétrolier, mais que bien au contraire, ils repousseront l’étude et le financement des énergies alternatives.
Même la principale revue de l’industrie pétrolière britanique, Petroleum Review, que l’on ne peut pas taxer d’écologiste, s’interroge sur la fiabilité et la durabilité des gisements de gaz de schiste américains.
Pour conclure sur ce chapitre, Olivier Rech, directeur de la recherche chez Energy Funds Advisors, affirme que le regain de la production pétrolière américaine risque de s’essouffler d’ici cinq ans.

Sur le plan environnemental, les compagnies gazières nous disent qu’en France, elles vont exploiter proprement.
Cela voudrait dire qu’ailleurs, elles ne le font pas, ce qui est déjà un aveux de leur part.
Tous les acteurs de la filière sont d’accord pour dire que lorsqu’il y a fracturation hydraulique, la contamination des eaux souterraines demeure un risque potentiel. La pollution provient des produits ajoutés à l’eau de fracturation et aux remontées des éléments présents dans la roche mère avec le gaz (radio-nucléïdes, métaux lourds, acides…) soit par une défaillance de la cimentation des puits, soit par des failles que la fracturation crée. Un risque majeur dans les sous-sols karstiques du sud est de la France.
Sur le plan environnemental, outre la destruction des paysages par les routes d’accès aux nombreux puits, la circulation des camions et autres nuisances, le principal problème concerne les effluents de la fracturation. La partie de l’eau qui remonte avec le gaz et qui contient les radio-nucléïdes, les métaux lourds, les acides et autres produits toxiques dont nous venons de parler. Ces boues sont stockées et aujourd’hui, personne ne sait les traiter.

Dernier point sur lequel insistent les lobbies des foreurs,
l’exploitation des gaz de schiste serait génératrice d’emplois un argument fort en cette période de récession.
Pour leur répondre, je prendrai l’exemple de la Pennsylvanie, l’un des états américains où il y a le plus de forages de gaz de schiste depuis 10 ans. Dans ce pays, le chômage n’a cessé de croître. L’industrie pétrolière n’embauche pas et les activités agricoles et touristiques périclitent à cause de ces forages.

Toutes ces réflexions sur l’opportunité d’exploiter les gaz de schiste en France et en Europe sont confirmées par les rapports commandés par la Commission européenne sur les conséquences de cette exploitation. Des rapports qui balayent l’idée d’un eldorado énergétique européen tout en soulignant les risques potentiels de la fracturation hydraulique pour l’environnement et la santé humaine.

Paul Reynard
Porte-parole du Collectif 07 Stop au gaz de schiste

 

 

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