Le collectif 07 STOP AU GAZ DE SCHISTE affirme son refus de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures de roche-mère et autres hydrocarbures dits non-conventionnels (gaz et pétrole de schiste, huiles lourdes, gaz de réservoir compact, gaz de couche, sables bitumineux ...) et de tous hydrocarbures dont l’extraction nécessite l’utilisation de techniques, quel que soit leur nom, nécessitant de fracturer, stimuler, acidifier ou encore de fissurer la roche et ayant pour conséquence de porter atteinte à son intégrité. Il s’oppose à l’aberration économique, sanitaire, environnementale et climatique aux conséquences désastreuses que constituent ces projets pour les départements impactés. Il promeut une transition énergétique, écologique et solidaire.

Après 7 années de lutte, du rassemblement de Villeneuve de Berg 2011 au rassemblement de Barjac en 2016 jusqu’à la loi Hulot 2017, sont enfin abrogés, annulés ou rejetés tous les permis de recherche de l’Ardèche, du Gard, de la Drôme, de l’Isère, de Savoie, du Vaucluse, du Var, des Bouches du Rhône, de l’hérault. Toutefois, AILLEURS, d’autres sont encore valides et la lutte continue : En savoir plus

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Emissions de carbone, industrie et politique

samedi 21 mars 2020

COMMENT NOUS AVONS PERDU LE COMBAT
CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE

Le « New York Times » vient de publier une très longue enquête pour rendre compte des atermoiements côté américain qui ont empêché l’émergence de mesures fortes pour réduire les émissions de carbone quand il en était encore temps, entre 1979 et 1989. Un récit captivant salué dans la communauté scientifique, une page de notre histoire universelle dont voici les grandes lignes.

- Lire l’article complet de Catherine Frammery sur Le Temps.ch du 24/08/18 et modifié le 04/11/19

Plus de 100 interviews réalisées, 175 000 caractères soit l’équivalent de 20 pleines pages du Temps : la dernière enquête du New York Times Magazine est à la mesure de son enjeu, immense. Avec le soutien de la Fondation Pulitzer, le grand quotidien américain a tout simplement voulu retracer comment la planète avait raté son rendez-vous avec le climat, comment, malgré les efforts de plusieurs lanceurs d’alerte, et pas mal de bonne volonté, y compris des industries pétrolières et des républicains à une époque, rien n’a été fait aux Etats-Unis, plus gros émetteur de dioxyde de carbone du monde, pour stopper le changement climatique quand c’était encore possible.

- Lire sur le site du « New York Times » : Losing Earth : The Decade We Almost Stopped Climate Change, un long-format de Nathaniel Rich, avec des photos et des vidéos de George Steinmetz)

Tout s’est joué de 1979 à 1989, « une décennie au cours de laquelle nous avions de bonnes chances de résoudre la crise climatique » écrit le journal. On savait déjà presque tout sur le réchauffement climatique en 1979, quand à Genève, en février, lors de la première Conférence mondiale sur le climat, les scientifiques de 50 pays unanimes estimèrent qu’il était « urgent d’agir ». Pendant 10 ans se sont succédé séances et conférences de tout niveau, jusqu’à cet autre sommet aux Pays-Bas en novembre 1989 au cours duquel aurait dû être approuvé un traité imposant des objectifs. Mais cela n’a pas été le cas. C’est aux raisons de cet échec que s’attache le journal – dans une enquête historique qui a occupé le journaliste Nathaniel Rich à temps plein pendant dix-huit mois.

- I – 1979-1982
* Printemps 1979 : un militant inquiet
* Automne 1979 : une mobilisation cahin-caha
* 1980-1981 : malgré la blitzkrieg de Ronald Reagan, la mobilisation grandit

- II – 1983-1989
* 1983-1984 : l’exceptionnalisme américain contre le changement climatique
* 1985 : le trou d’ozone contre le réchauffement
* 1987-1988 : la censure de la science, et le brûlant été 1988
* Eté 1988 : la conférence de Toronto, le « Woodstock du climat »
* 1989 : la Maison-Blanche se rebiffe
* Novembre 1989 : l’enterrement définitif à Noordwijk

 

BIENTÔT UN FILM

Tout n’est pas inédit dans l’enquête du New York Magazine. Jim Hansen, par exemple, avait déjà raconté comment la Maison-Blanche avait tenté d’expurger ses témoignages.

L’ex-ingénieur de la NASA est aujourd’hui une des figures emblématiques de la lutte contre le changement climatique aux Etats-Unis, il s’est même fait arrêter dans plusieurs manifestations dénonçant l’inertie des pouvoirs politiques. Le soin de la présidence de Ronald Reagan à effacer toutes les avancées de la présidence de Jimmy Carter en matière d’environnement était connu aussi, ainsi que l’incurie de George Bush.

Tout n’est pas inédit, mais le récit implacablement chronologique de Nathanael Rich, la méticulosité de son enquête et la richesse de ses points de vue donnent le vertige. Pendant ces dix années, on a frôlé la mise en branle du monde.

« Tout le monde sait depuis 40 ans », déplore le journal, qui épingle au passage les industriels de l’énergie depuis l’échec de 1989. « Même si dans les années 1970 et 1980 ce n’étaient pas des bons samaritains, ils ne lançaient pas des campagnes à plusieurs millions pour faire de la désinformation, corrompre les scientifiques et laver le cerveau des écoliers comme leurs successeurs allaient le faire. »

Apple vient d’annoncer qu’il produirait sous forme de série l’enquête du New York Times. Avec ses scientifiques se frottant au politique pour se faire entendre, ses Géo Trouvetout de l’environnement et ses industriels méchants fossoyeurs du monde, le texte répond à tous les codes des best-sellers – comme le film animé par Al Gore, Une vérité qui dérange, qui a participé de son Prix Nobel de la paix en 2007, avec les scientifiques du GIEC. The show must go on.

 

- Lire l’article complet de Catherine Frammery sur Le Temps.ch du 24 août 2018 et modifié le 4 juillet 2019

- Lire sur le site du « New York Times » : Losing Earth : The Decade We Almost Stopped Climate Change, un long-format de Nathaniel Rich, avec des photos et des vidéos de George Steinmetz)