Le collectif 07 STOP AUX GAZ DE SCHISTE affirme son refus de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures de roche-mère et autres hydrocarbures dits non-conventionnels (gaz et pétrole de schiste, huiles lourdes, gaz de réservoir compact, gaz de couche, sables bitumineux ...) et de tous hydrocarbures dont l’extraction nécessite l’utilisation de techniques, quel que soit leur nom, nécessitant de fracturer, stimuler, acidifier ou encore de fissurer la roche et ayant pour conséquence de porter atteinte à son intégrité. Il s’oppose à l’aberration économique, sanitaire, environnementale et climatique aux conséquences désastreuses que constituent ces projets pour les départements impactés. Il promeut une transition énergétique et écologique.

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Lecture : Paradis sous terre ou « Comment le Canada est devenu une plaque tournante pour l’industrie minière mondiale »

lundi 8 juillet 2013

« PARADIS SOUS TERRE »
ou « Comment le Canada est devenu une plaque tournante pour l’industrie minière mondiale »

par Alain DENEAULT & William SACHER.
Editeur : Rue de l’Echiquier, 188 pages, 15€.

Idée de lecture sur un bouquin passionnant sur l’industrie extractive canadienne.
note de lecture :

L’ouvrage commence par un panorama, depuis 1848, de l’épopée de l’industrie minière au Canada, et de ses procédés, qui, au fil du temps, n’ont rien perdu de leur caractère crapuleux en col blanc.

Ils continuent, aujourd’hui comme aux premiers temps, de bénéficier de la grande complaisance des gouvernements successifs dont des membres influents ont toute facilité, en fin de mandat, pour glisser de leurs fonctions publiques au confort luxueux du monde minier privé.

Vous découvrirez comment au Canada tout à commencé avec les chemins de fer et les vilains grenouillages autour des compagnies ferroviaires : les acquisitions spéculatives de terres à très bas prix que certains initiés savaient pouvoir revendre très cher car elles correspondaient à un trajet d’implantation future de ligne, la manière dont ont été traités les populations Amérindiennes, sacrifiées sans regret sur l’autel de la maximisation du profit.

Ce que vous apprendrez sur le stock exchange, créé en 1861 à Toronto par et à cause de l’industrie extractive débutante, son développement volontairement incontrôlé à Vancouver et Calgary, les pratiques de « gutter » (caniveau) qui apparaissent de manière quasi concomitante, le « wash trade », le « bucketing », le « fly by night » devraient vous dissuader d’aller investir vos petites économies sur le marché canadien des actions minières.

Un fil conducteur de ce livre très documenté et complété par une importante bibliographie est l’aide qu’a reçue depuis le départ l’industrie minière de l’appareil d’état canadien, avec la quasi sacralisation du principe de « free mining » selon lequel l’exploitation minière est la meilleure utilisation qui puisse être faite du territoire, et qu’en conséquence, les intérêts locaux, des collectivités publiques ou des particuliers (a fortiori, bien sûr s’il s’agit d’Amérindiens) doivent s’effacer devant ceux de l’industrie extractive.

Une autre ligne présente dans l’ouvrage est le caractère indissociable de la spéculation et de l’industrie minière, et des pratiques nauséabondes qui permettent des levées de fonds rapides au profit de projets souvent illusoires, tant il est difficile d’évaluer le potentiel minier d’un site.

Une grande partie de l’ouvrage se penche sur la manière dont l’appui gouvernemental s’exerce puissamment : au travers d’un régime fiscal extrêmement avantageux qui fait du Canada un paradis fiscal officieux, grâce à une politique de fort subventionnement (mais oui, dans l’Amérique du Nord ultra-libérale on subventionne aussi !) pour les compagnies allant extraire à l’extérieur du pays, sous couvert d’aide au développement et à la protection de l’environnement dans les pays concernés.

En dernier lieu, l’appareil judiciaire tout entier est au service de la quiétude de l’industrie quant aux poursuites qu’elle pourrait encourir de la part de victimes étrangères de ses activité : le niveau faramineux des frais à engager pour attaquer Barrick Gold, Lundin ou Iamgold rend toute poursuite inaccessible, et le livre ne manque pas d’exemples à donner la nausée, d’impunités judiciaires.

Bien sûr, quelques parlementaires soucieux d’éthique ont tenté de promouvoir une législation équilibrée, des Professeurs de Droit ont critiqué sévèrement le système judiciaire et ses conséquences : les efforts de tous les côtés se sont soldés par un résultat pitoyable tant la partie adverse est forte, et ce depuis l’origine.

Un magnifique témoin de la puissance de l’industrie minière et de sa capacité de noyautage dans le pays est révélé par l’inclusion de 70% des préconisations de l’industrie minière dans le programme éducatif scientifique canadien, histoire de bien paramétrer les futurs techniciens miniers.

La collaboration très ancienne entre le pouvoir politique et l’industrie minière a fait du Canada un Eldorado financier, fiscal, judiciaire et idéologique, où sont installées 75% des sociétés minières mondiales, et ce n’est pas fait pour se terminer bientôt !

Pour terminer, une anecdote parlante sur l’arrogance agressive de l’activité : la firme Pacific Rim Cayman, filiale de la canadienne Pacific Rim empêchée d’exploiter un gisement dans le pays a réclamé la bagatelle de 77 millions de US $ à l’état Salvadorien en vertu de l’accord de libre échange liant les USA et plusieurs états d’Amérique Centrale.

A l’heure où de grands efforts sont déployés pour mettre en place entre UE et Canada un accord sur l’industrie extractive, est-ce que cet exemple ne devrait pas donner à réfléchir.

« Paradis sous terre » ne parle pas de gaz & huiles de schiste, mais il s’agit d’une lecture indispensable à qui veut s’informer sur les dangers qui nous menacent et sur la puissance de l’adversaire.

 

 

 

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