Le collectif 07 STOP AUX GAZ DE SCHISTE affirme son refus de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures de roche-mère et autres hydrocarbures dits non-conventionnels (gaz et pétrole de schiste, huiles lourdes, gaz de réservoir compact, gaz de couche, sables bitumineux ...) et de tous hydrocarbures dont l’extraction nécessite l’utilisation de techniques, quel que soit leur nom, nécessitant de fracturer, stimuler, acidifier ou encore de fissurer la roche et ayant pour conséquence de porter atteinte à son intégrité. Il s’oppose à l’aberration économique, sanitaire, environnementale et climatique aux conséquences désastreuses que constituent ces projets pour les départements impactés. Il promeut une transition énergétique et écologique.

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Communiqué de presse des collectifs : ni ici ni ailleurs

mercredi 27 février 2013

COMMUNIQUE DE PRESSE DES COLLECTIFS FRANÇAIS CONTRE LES GAZ ET HUILE DE ROCHE-MÈRE

LE 26 FÉVRIER 2013

Après que Laurent Fabius laissait entendre à quelques journalistes, le 17 janvier dernier, que la France entendait « signer un accord permettant des recherches françaises sur le territoire algérien dans le domaine de l’exploitation des gaz de schiste » (1), annonce qui a vivement fait réagir les Collectifs algériens, et français (2) opposés à la recherche et à l’exploitation des gaz et huile « de schiste », on apprend maintenant que la Grèce pourrait devenir le nouveau terrain d’expérimentation et d’extraction d’hydrocarbures non-conventionnels en offshore pour notre pays.

En effet, François Hollande, lors de sa visite en Grèce le 19 février a annoncé que « La Grèce a décidé un programme de privatisation », et que « les entreprises françaises seront présentes ». Dans la foulée le président de la République a proposé à la Grèce de louer à l’entreprise française DCNS (car la Grèce n’a pas les moyens de les acheter !) deux frégates FREMM, navires multi-fonctions à vocation de missions de souveraineté au large des côtes, dont on apprend par la presse grecque (3) et française (4) qu’ils seraient utiles pour sécuriser la recherche de pétrole et du gaz dans la mer Égée, où Total a déjà des intérêts.

Les collectifs déplorent l’incohérence, voire l’hypocrisie des autorités de notre pays, qui d’un côté interdisent la fracturation hydraulique sur notre territoire - tout en y autorisant des forages de recherche dans des couches géologiques ou des gisements d’hydrocarbures prétendument conventionnels - et annoncent mettre en route la transition énergétique pour échapper aux énergies fossiles, et de l’autre promeuvent et soutiennent dans un autre pays européen la recherche et l’exploitation d’hydrocarbures non conventionnels.

En juin 2012 le premier ministre grec Antonis Samaras laissait entendre qu’un gisement de gaz naturel offshore pourrait résoudre les difficultés budgétaires grecques : d’après l’étude scientifique à laquelle il se référait, les réserves situées au large de la Crète pourraient avoisiner les 3.500 milliards de m3 de gaz, de quoi répondre aux besoins en gaz de l’Europe pendant plus de six ans, et un gisement de pétrole d’environ 1,5 milliard de barils. Des chiffres qui, naturellement, sont à confirmer et qui pourraient bien, comme cela a été le cas en Pologne, être revues à la baisse. Roland Vially, géologue, responsable de l’évaluation des ressources et des réserves d’hydrocarbures à l’IFPEN a d’ailleurs affirmé dans une conférence (5) que seulement 6% de ce volume était récupérable techniquement, il faut se demander où est la rentabilité financière de cette industrie. Quoi qu’il en soit, Athènes a lancé une procédure d’octroi de permis et a commandé des études sismiques pour préciser l’étendue des réserves d’hydrocarbures. Les résultats sont attendus mi-2013.

D’autres raisons nous poussent à dénoncer la volonté du gouvernement de participer à cette soi-disant valorisation des ressources grecques :

Toute recherche gazière ou pétrolière offshore en Méditerranée mettrait gravement en péril l’équilibre de l’écosystème marin, et, de là, les ressources halieutiques, que ce soit dans les eaux françaises, en Grèce, ou ailleurs ;
La Grèce est également connue pour être le pays européen au plus fort risque sismique, un risque qui serait amplifié par des forages et l’utilisation potentielle de la fracturation hydraulique ;
Une pollution et une dégradation des eaux de baignade au large de la Grèce seraient une catastrophe pour l’économie touristique de la Grèce ;

De fortes tensions sont à craindre avec les pays voisins (Albanie, Turquie, Chypre, etc.) dans l’hypothèse de la valorisation de ces ressources sous-marines…

Nous refusons donc de voir notre pays participer à la curée de ce pays en grande détresse économique et sociale, au mépris de la population grecque qui, cet hiver, se chauffe, au sens strict, de tout bois voire de déchets divers. Aucune étude n’a réussi à prouver jusqu’à maintenant que l’exploitation des hydrocarbures qu’ils soient conventionnels ou non, était en mesure d’aider les habitants d’un pays, quel qu’il soit, à lutter contre la pauvreté. La situation aux Etats-Unis en est un exemple flagrant.

Pour l’ensemble de ces raisons, nous dénonçons le cynisme et l’incohérence du gouvernement français, et affirmons notre solidarité au peuple grec.

Notes :
(1) http://www.lepoint.fr/confidentiels/exclusif-gaz-de-schiste-la-france-va-explorer-en-algerie-20-12-2012-1604170_785.php
(2) http://www.aldeah.org/fr/gaz-et-petrole-de-schiste-ni-dans-mon-jardin-ni...
(3) le quotidien grec Kathimerini
(4) http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20130219.OBS9349/la-grece-va-lou...
et http://www.courrierinternational.com/article/2013/02/19/hollande-a-athen...
(5) http://www.arts-et-metiers.net/musee.php?P=225&id=482&cycle=15&lang=fra&...

 

 

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